Le 8 octobre 2024, le tribunal judiciaire de Nantes a rendu un jugement concernant la résiliation de baux commerciaux entre plusieurs copropriétaires bailleurs et la société S.A.S. APPART’CITY. Les copropriétaires ont demandé la résiliation des baux pour non-respect de la destination contractuelle des lieux et pour non-paiement des loyers. La S.A.S. ​ APPART’CITY a contesté ces demandes.

Les copropriétaires ont accusé APPART’CITY d’avoir modifié la destination des locaux en les sous-louant au SAMU SOCIAL pour des périodes longues, ce qui contreviendrait à l’usage prévu de résidence de tourisme. ​ Ils ont également souligné des retards systématiques dans le paiement des loyers depuis 2014, arguant de la mauvaise foi de la société. ​

Le tribunal a examiné les preuves fournies, notamment un procès-verbal de constat d’huissier, mais a jugé que les éléments présentés étaient insuffisants pour prouver un changement de destination des locaux. ​ Les informations obtenues étaient imprécises et ne permettaient pas de déterminer l’ampleur de l’accueil de la clientèle sociale. ​ De plus, la résidence était toujours classée comme résidence de tourisme, et aucune preuve de dégradations significatives n’a été apportée. ​

Concernant les retards de paiement, le tribunal a reconnu des défauts de paiement entre 2014 et 2018, ainsi qu’à partir de mars 2020, mais a noté que ces manquements ne suffisaient pas à démontrer la mauvaise foi de la société. ​ La crise du COVID-19 a gravement affecté l’activité d’APPART’CITY, justifiant en partie ses difficultés financières. ​ La procédure de sauvegarde ouverte en avril 2021 a également été prise en compte, confirmant les difficultés économiques exceptionnelles rencontrées par la société. ​

En conclusion, le tribunal a jugé que les preuves apportées par les copropriétaires n’étaient pas suffisantes pour justifier la résiliation des baux commerciaux. ​ Les demandes des copropriétaires ont été rejetées, et ils ont été condamnés aux dépens. ​ Le tribunal a également rappelé que la décision était exécutoire à titre provisoire. ​