Litige entre le syndicat de copropriété, l’exploitant et un propriétaire d’une résidence de tourisme

Le 25 janvier 2024, la Cour d’appel de Rennes a rendu un arrêt concernant un litige entre le syndicat de copropriété de la [Adresse 8], l’APEXVO, la SEVOR et les époux [C]. Le conflit porte sur l’exploitation d’un bien immobilier en résidence de tourisme. ​

Les faits remontent à 2002, lorsque la société Lamotte Constructeur a acquis un ensemble immobilier pour le transformer en résidence de tourisme, géré par la société Goelia Morbihan. ​ Les copropriétaires, dont les époux [C], ont confié l’exploitation de leurs lots à cette société via des baux commerciaux.

Liquidation judiciaire de l’exploitant unique Goelia Morbihan

En 2014, Goelia Morbihan a mis fin aux baux, et en 2016, elle a été placée en liquidation judiciaire. ​ En 2017, l’APEXVO et la SEVOR ont été créées pour gérer l’exploitation de la résidence de tourisme. ​

Location en direct par un propriétaire

Les époux [C], propriétaires d’un lot, ont refusé d’adhérer à l’APEXVO et ont loué leur bien indépendamment. ​ Le syndic a rappelé leurs obligations, mais les époux [C] ont continué leur activité. En 2019, l’APEXVO, la SEVOR et le syndic ont assigné les époux [C] en justice pour faire cesser cette activité. ​ En 2022, le tribunal judiciaire de Vannes a débouté les demandeurs et condamné ces derniers à payer des dommages-intérêts aux époux [C]. ​

Les appelants ont interjeté appel, demandant la cessation de l’activité de location des époux [C] et des dommages-intérêts. ​ Les époux [C] ont demandé la confirmation du jugement initial et des dommages-intérêts supplémentaires pour préjudice moral.

Le règlement de copropriété interdit la location directe par le propriétaire

La Cour d’appel a jugé irrecevable l’action de l’APEXVO, car elle n’a pas prouvé la régularité de son assemblée générale extraordinaire. ​ Cependant, elle a interdit aux époux [C] de louer leur bien sans passer par l’exploitant unique, conformément au règlement de copropriété. ​ La Cour a rejeté les demandes de dommages-intérêts de la SEVOR et du syndicat de copropriété pour des infractions futures, les considérant comme hypothétiques.

Les époux [C] ont été déboutés de leur demande de dommages-intérêts supplémentaires. ​ La Cour a condamné les époux [C] à payer 3 500 euros au syndicat de copropriété et à la SEVOR en application de l’article 700 du code de procédure civile, ainsi qu’aux dépens de première instance et d’appel. ​

Confirmation de l’interdiction de louer leur bien sans passer par l’exploitant unique

En résumé, la Cour d’appel a confirmé l’interdiction pour les époux [C] de louer leur bien sans passer par l’exploitant unique, tout en rejetant les autres demandes des parties. ​