Jugement du tribunal judiciaire de Versailles le 30 janvier 2025

Loyers impayés et demande de résiliation des baux commerciaux

PV-CP CITY refuse toujours de régler les loyers pendant la crise sanitaire de COVID-19. ​Elle a été condamnée à les régler, une fois de plus, mais a échappé à la résiliation du bail commercial demandée par les bailleurs.

Le tribunal judiciaire de Versailles, Troisième Chambre, a rendu un jugement le 30 janvier 2025 concernant le litige entre M. ​ [Aa] [Z], propriétaire de deux appartements, et la société PV-CP CITY, locataire de ces biens. ​

Contexte du Litige

[Z] a loué ses appartements à la société Lamy Résidences, reprise par PV-CP CITY, avec un bail renouvelé en 2018. En 2020, PV-CP CITY a suspendu le paiement des loyers en invoquant la crise sanitaire. ​ Une procédure de conciliation a été ouverte, mais M. ​ [Z] a délivré un commandement de payer en septembre 2022 pour des arriérés de 10.201,93 euros. ​

Demandes des bailleurs

  1. [Z] demande :
  • La constatation de la clause résolutoire. ​
  • La résiliation judiciaire des baux. ​
  • L’annulation de l’annexe 1 de l’avenant au bail. ​
  • Le paiement des arriérés de loyers et des indemnités.

Défense de la Société PV-CP CITY preneur

PV-CP CITY argue que :

  • Les loyers ne sont pas dus pendant les périodes de confinement. ​
  • Le commandement de payer est de mauvaise foi. ​
  • La clause résolutoire ne doit pas être appliquée. ​
  • La clause travaux ne doit pas être annulée. ​

Refus de la résiliation, délais de paiement et condamnation aux loyers impayés

Clause résolutoire

Le Tribunal constate que les conditions de la clause résolutoire étaient réunies au 8 octobre 2022, car PV-CP CITY n’a pas payé les loyers dus dans le délai imparti. ​

Exigibilité des Loyers

Les loyers étaient exigibles malgré la crise sanitaire, car l’interdiction de recevoir du public ne constitue pas une perte de la chose louée. ​

Suspension des Effets de la Clause Résolutoire

Le Tribunal accorde à PV-CP CITY un délai pour payer les arriérés en trois mensualités, suspendant ainsi les effets de la clause résolutoire. ​

Demande de Dommages-Intérêts

La demande de M. [Z] pour dommages-intérêts est rejetée faute de preuve suffisante de préjudice. ​

Clause Travaux

Le Tribunal rejette la demande d’annulation de la clause travaux, estimant qu’il n’y a pas de vice de consentement ni de déséquilibre significatif. ​

Dispositif

Le Tribunal :

  • Constate l’acquisition de la clause résolutoire au 8 octobre 2022. ​
  • Condamne PV-CP CITY à payer 10.201,93 euros à M. ​ [Z].
  • Autorise PV-CP CITY à payer en trois mensualités. ​
  • Suspends les effets de la clause résolutoire sous condition de paiement. ​
  • Rejette les demandes de dommages-intérêts et d’annulation de la clause travaux. ​
  • Condamne PV-CP CITY aux dépens et à payer 3.000 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile. ​

Conclusion

Le jugement met en lumière les obligations contractuelles et les conséquences du non-paiement des loyers pendant la crise sanitaire, tout en accordant des délais de paiement à la société locataire. ​